Qu'est-ce que l'Institut ?

Publié le par I.I.R.E.F.L.


André STAS
Membre fondateur de l’I.I.R.E.F.L.

QU'EST-CE QUE L'INSTITUT ?

Comme le temps de parole qui nous est imparti n'est que de 5 minutes, il ne sera donc guère possible d'utiliser ce petit douzième d'heure à évoquer les études historiques des Charles Nodier, Octave Delepierre, Charles Brunet, Anatole France ou, plus près de nous, Raymond Queneau et André Blavier concernant les multiples auteurs imprimés mais non lus, sans maîtres ni disciples, commodément baptisés "hétéroclites", ou mieux "fous littéraires".

 Ce 288ème de journée sera juste suffisant pour vous informer de la neuve existence d'un Institut International de Recherches et d'Explorations sur les Fous Littéraires, sis à Fontenoy-la-Joûte, pittoresque "village du livre" lorrain, tapi à peu de kilomètres de Baccarat. Marc Ways et moi-même caressions depuis quelque temps l'idée de poursuivre de conserve les savants travaux de nos illustres devanciers, les excentriques, irréguliers, calyptologues et autres agités du bocal ayant l'heur d'éperdument nous interpeller. Un concours de circonstances et une opportunité unique nous aidèrent à concrétiser notre vœu pieux : en effet, l'occasion nous fut offerte de non seulement faire la connaissance l'un des plus grands traqueurs de fous littéraires qui soient et ce depuis près d'un demi siècle (dont nous sommes contraints de taire le nom, respectant son désir d'anonymat) mais encore d'acquérir bientôt la quasi-totalité de sa "librairie", comme aurait dit Montaigne. Toujours est-il qu'un tel fonds providentiel, riche de plus de mille titres, ne permettait plus la moindre procrastination : il allait falloir, toutes affaires cessantes, fonder notre Institut ! Pensez, les merveilles incongrues dues à Paulin Gagne, Pierre Roux, Jean-Pierre Brisset, Francisque Tapon-Fougas, Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, le Marquis de Camarasa, si ce n'est le Prince Korab se trouvaient désormais entre nos mains. Réunis en un même lieu, tous ces livres devraient attirer bon nombre de ceux qui désiraient éperdument les consulter : chercheurs, praticiens ou psychiatres, étudiants, collectionneurs, bibliophiles de tout poil. Un universitaire canadien, Tanka Tremblay, rédige d'ores et déjà une thèse consacrée aux fous littéraires, sous la direction de Marc Angenot. La porte s'ouvrira à qui aura (sinon sera) frappé.

 Un 105 mille120ème d'année passe plutôt  vite, aussi sachez qu'un des vocations de l'Institut sera d'établir un réseau international entre toutes les personnes passionnées par ce vaste sujet. L'Institut gère désormais une Faculté,  comprenant un "Comité scientifique", que M*** accepta de présider, rassemblant nombre de "pointures" mondiales, spécialistes de l'écrit disjoncté sans oublier l'Art Brut, ainsi qu'un "Comité rédactionnel", sous la houlette de M***, car des "Cahiers de l'Institut" verront le jour dès février 2008, organes d'information et de liaison dans lesquels abonderont les contributions originales sur tel ou tel des auteurs allumés que nous chérissons, des analyses d'ouvrages extravagants, des bibliographies hallucinantes, voire des inédits qui ne le seront pas moins. Cette revue internationale multilingue, hétérodoxement pluridisciplinaire ambitionne de prendre en compte le plus large éventail d'études pointues possible. Tous les grands thèmes de la folie littéraire devraient s'y trouver abordés : linguistique mutante, langues imaginaires, réformes orthographiques ou utopies sociales, quadrature du cercle, mouvement perpétuel, panceltisme, cosmogonies, héliocentrisme, tératologie, pour n'en citer que quelques-uns. 

 Ce n'est pas en un 191 millionième 844 millième de lustre qu'il nous sera loisible de tout vous révéler des  désirs excentriques de l'Instititut. En effet, en sus de la revue qui vient de vous être brièvement présentée, nous avons l'intention de rééditer nombre de textes rares assortis d'analyses dont la pertinence laissera pantois (la Polychésie de la race allemande du Docteur Bérillon et Plutôt la mort, roman d'amour de Léon Boudin sont en chantier) ainsi que les inédits coruscants que le Hasard (qui sait tout) aura le bon goût (ou le mauvais qui le vaut bien, comme le pensait Blavier) de placer sur notre route tortueuse. L'idée d'une "Anthologie" décoiffante suit son petit bonhomme de chemin ainsi que celle d'un "Album iconographique" éberluant. Nous tenons à votre disposition des imprimés résumant précisément nos visées, sur lesquels vous trouverez un bulletin d'adhésion. 

 Notre 383 millionième 688 millième de décennie se terminant, laissons à Michel Audiard le soin d'admirablement conclure :


Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière.

 

 

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