Jean-Pierre BRISSET _ La Pousse du Poil

Publié le par I.I.R.E.F.L.

 

 


 

Jean-Pierre BRISSET

LES ORIGINES HUMAINES

Deuxième édition de La Science de Dieu

entièrement nouvelle.

Chez l’auteur 19, rue Saint-Lazare à Angers

1913

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LA POUSSE DU POIL

 

 

Le poil a donné un nom à tout ce qui recouvre plus ou moins le corps de tous les animaux, ce qui se comprend d'autant mieux que ces derniers ont reçu leur nom d'un ancêtre de l'homme. Écoutons le mouton: Là, l'aine ai ; là est né, l’alène ai, l'haleine ai, là laine ai. L'ancêtre mouton avait donc de la laine, à l'aine, où il était né, autour de son alène. À ce moment l'haleine se fit sentir. Celui qui avait une mauvaise alène avait aussi une mauvaise haleine. Aussitôt que l'haleine se fait sentir, elle est désagréable. Laine ai, l'aîné, l'est né. Le premier lainé fut l'aîné, le pre­mier né. Entre deux, on reconnaissait l'aîné à ce qu'il était lainé. Des deux jumeaux de Rébecca, Ésaü était bien l'aîné, étant lainé ou couvert de poil dès sa naissance.

Vie l'ai ain, vilain ; vie l'ai aine, vilaine. Le vilain montrait son lin et la vilaine, sa laine. Le mâle consentit à être vilain, mais la femelle se refusa à être vilaine et s'épila le plus longtemps. C'est pourquoi le nu féminin ne montre point son bas de laine.

Le verbe peler, peux l'ai, faisait arracher le pelage, sur la plage où se faisait l' appelage, à peux l'ai à jeu. On y arrachait la pelure, peux l'ai ure, du vieux pelé. Pelure y ai, aie-le; le pluriel a pris son esprit de plu­ralité, pelure à léi t'ai, en voyant la chat-pelure abondante. p'ai le, péle ; p' ai aie-le; pelle. Pèle ou pelle ordonnait d'arracher la pelle ou le poil de la chat-pelle et la peau du chat-peau. La peau tire son nom du poil, qui se trouvait autour du pot de la chapelle. Ce poil était un poële ou un poile à cause de la chaleur du lieu, la pudeur le fit couvrir d'un poële. A peau est le, il est à poil. L'animal à poil n'avait que sa peau.

Pelle te r'ai ie, pelle trie, pelleterie. Pelle t'ai, y ai aire ; pelletière.

Peux l'ai isse, pelisse. Peux l'ai où zeu, pelouse. On nœud, é peux l'ai; on nœud ai pelé, on épelait. Épelle ai à sion, épellation. Épile ai, épile ; é pile ai à sion; épilation. É poile ai, époile.

É barbe ai, ébarbe. à re but, barbe ai eu, barbu. Les barbus furent les premiers barbares: barbe ai à re, c'est un barbare. On s'arrachait la barbe en barbotant, en barbe ôtant. On ce peux l'ai, haut t'ai ; on ce peux l'ôter, on se pelotait. En ce, peux l'ai au téant : en ce pelé ôtant, en ce pelotant.

Veux l'ai eu ? Non, tu es velu. Peux l'ai eu, c'est pelu. É pelu ch 'ai, è peluche ai, épluche, il faut l'éplucher. On n'aime pas à être épluché, et l'usage d'arracher la peluche, déplut ; d'ai pelu, ça m'a déplu.

Le pelu plut tant qu'il plut, ou jeta son eau; mais quand il fut pelu, et que le pelu devint méchant, il ne plut plus.

Ce fut d'abord pour se plaire que les ancêtres se pelèrent, ce peux l'ai aire ; ils se à cou pelèrent et s'accouplèrent, ça coupait l'aire. Pour se complaire, ils se con pelèrent. On ce qu'ai on, peux l'ai ; aise ai ; on se complaisait à ce travail, qui vint à déplaire, à d'ai pelè aire.

Peux l'ai aine, peux l'ai ès nœud, pleine, plaine. Pelé est, ne mens, pelè est nœud, mets en ; pleinement. Ça meut, pelè est ; ça me plaît. Peux l'ai, aie t'ai i ; pelé est-il ? plaît-il ? Nœud t'ai en, d'ai pelé aise ; ne t'en déplaise. Peux l'ai, aise ai ire ; c'est un peler aisé ire ; c'est un plaisir.

Peux l'ai, eu m'ai ; pelu m'ai, plume ai. On pluma la première plume.

L'homme de plume étai, un oiseau considéré. D'ai plumé, il n'aimait pas à être déplumé. La chose n'allait pas sans ennui, car ceux qui se pelaient, se faisaient des plaies qui ne plaisaient point. On ne pouvait séant se peler in dreu, sans se plaindre.

Pour ça peler, on s'appelait ; on ça pelle, on s'appelle. On se servait de la pelle pour peler ; c'était la main et la main appelle.

Pèle eurin, pèlerin ; pèle eurine, pèlerine ; pèle eurinage, pèlerinage.

On allait en pèlerinage pour se faire peler et pour peler la partie eurinante.

Che vœu, cheveu ; le cheveu entourait le vœu. L'est ce m'ai oi, l'est che veux, laisse-moi les cheveux. On prenait les cheveux pour se faire obéire. Cheveux l'ai ure, la chevelure fut d'abord à l'ure. C'est à l'ure qu'on se trouvait en cheveux être ai, enchevêtré. On séant cheveux être ai, on s' en­chevêtrait dans la faux raie et la forêt

Cheveux l'ai eu, chevelu. Cheveux ai hale, cheval ; cheveux ai haut ; che veux, ai haut ; chevaux. Che veux, haut ch' ai ; chevaucher. Les che­vaux chevauchaient volontiers. Chevale y ai, chevalier. C'est un ancien cheval, il avait un cheval et des cheveux autour ; il cherchait à s'allier, che veux allier. Le cheval tire son nom des cheveux de sa queue et de son cou, où est la crinière, la qu 'eurine y ai air. Celui qui avait du crin était craint ; crains crin, crincrin. Le crin vient du queue rain. L'Apocalipse compare les hommes à des chevaux que montent des esprits ; nous sommes le che­val du Fidèle et du Véritable. Nous sommes aussi un esprit et nous tenons notre bête en bride.  

Ç'ai oie, soi est. La soie se vit près du soi. L'ancêtre cochon était un habillé de soie. La soie de cet animal nous présente le mieux la pelure de l'ancêtre. Le plus poilu ne différait donc pas beaucoup de ce que sont cer­tains hommes tout couverts de poils. Toutefois ce revêtement déplut à l'esprit créateur qui en atténua la pousse chez les êtres qui naquirent d'une mère. On continue à l'arracher et à le raser, à moins que l'usage ne l'ait rendu décoratif où il se trouve, ou bien que le vêtement ne le cache.

 

 

(Extrait des pages 90 à 92 )

 

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