HANIN, EMILIE-HERMINE

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HANIN, EMILIE-HERMINE : Une martyre du Calendrier Perpétuel.

SUPER-DESPOTES. Ouvrage traitant du calendrier, d'Emile Hanin et de sa réforme, du mouvement perpétuel... Paris,Imprimerie Amédée-Chiroutre. 1934. 322 pages. In-8 carré. Broché, couverture imprimée. 5 dessins - 11 gravures hors-texte. Photos en noir et blanc.

Mademoiselle Hanin est la fille d'un employé des chemins de fer qui habitait Vandenesse puis Cercy-la-Tour. Il est l'inventeur malheureux d'un calendrier perpétuel qui ne fut pas retenu par les idoines commissions. Cette injustice rendit folle sa fille Herminie qui dans ce livre autobiographique délirant accuse pêle-mêle Flammarion, Maurras, Léon Daudet... Cette invraisemblable Antigone était également peintre. Outre son portrait, son livre contient 10 planches hors-texte de ses œuvres. Elle avait aussi mis au point un projet de « pièges à avions » en 1917 « qui aurait épargné bien des vies humaines si Clémenceau l'avait adopté ».

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Un chapitre particulièrement frénétique du volume est consacré aux persécutions que les colocataires de son immeuble lui faisaient subir, à travers les WC.

B1avier pages 611 à 613, consacre dans le chapitre « persécutés, persécuteurs, et faiseurs d'histoires » une longue notice à cette dame qui se croyait poursuivie toute sa vie par la haine de Charles Maurras, de Camille Flammarion, de l'abbé Soulange-Bodin, des chaisières de sa paroisse, des espérantistes du lyceum, des « requins affamés », de la libre Pensée et du Parti Socialiste qui voulait empêcher Briand de s'occuper d'elle.

Il s’agit d’une revendication de priorité, au nom de son père, en matière de réforme du calendrier.

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Paul Couderc (Le Calendrier, coll. (Que sais-je? », n° 2°3, p. 107) écrit à son tour : « Camille Flammarion... se ralliait à un système de calendrier perpéruel de douze mois à trimestres identiques, qui fut prôné dès 1887 par Armelin et Manin. Ce projet, repris actuellement sous le nom de calendrier universel, paraît assez près de l'emporter sous une forme à peine modifiée. "

Dans les Lettres nouvelles, Jean Selz publie, sous le titre Herminie Hanin, martyre du calendrier perpétuel, le récit des deux entrevues qu'il eut avec elle. On y trouve l'explication par elle-même de quelques-uns de ses tableaux, dans chacun desquels figure comme en majesté le fameux calendrier. Herminie rappelIe encore le "piège à avions "  qu'elle a inventé en 1917.

 BLAVIER, LES FOUS LITTERAIRES PAGES 611 A 613

OBERLE 208

 (Copyright) Marc Ways & I.I.R.E.F.L.

 

Notice d’André Blavier :

Il s'agit d'une revendication de priorité, au nom de son père, en matière de réforme du calendrier.

« J'avais préparé, il y a quelque temps, les notes qui vont suivre, jusqu'au xv" chapitre6, et je ne les publiais pas, par mansuétude pour mes spoliateurs et j'espérais aussi que la justice à laquelle je me suis adressée, les obligerait à reconnaître leurs fautes, mais il n'en fut rien. Les diffamateurs ont beau jeu: "Calomniez, calomniez, disent-ils entre eux, il en restera toujours quelque chose." Avec moi, suivant une expression triviale, ils ont craché en l'air et cela leur retombera sur le visage, en faisant mépriser des Français assez vils pour m'avoir salie de la boue dont ils sont pétris. Triste oiseau, celui qui salit son nid.

En 1926, après le congrès pour la réforme du calendrier, où certains savants parlèrent pour discuter ce qu'ils ont paru ne pas comprendre, ni connaître, ils publièrent le rapport qu'ils en firent (chez Berger-Levrault). Ce rapport a été fait pour m'étouffer moralement: il est mensonger, sans mensonges, et fut inspiré très probablement par le représentant de la France, qui suit les traces de Flammarion. A un de mes derniers chapitres, j'en expliquerai les raisons. Du reste, dès 1901, Flammarion, dans sa Revue astronomique où il était seul Maître, imprima des Contre-vérités, il n'osa pas aller jusqu'au rapt du projet de mon père, car celui-ci ne l'aurait pas laissé faire. Mais dès que mon père fut mort en décembre 19II, il présenta dans sa Revue la réforme du calendrier comme venant de lui et en mettant son plagiat au premier rang. Nous allâmes en 1912, ma mère et moi, le prévenir que cela n'était pas son affaire, car depuis longtemps, à l'étranger, un consortium s'était formé, dont tous les savants avaient mis mon père au premier rang de leur liste et qu'ils désiraient que je succède à mon père, ce que j'avais accepté. »

C'est pour cela qu'il écrivit aussitôt une brochure compilatoire, dont il fit la préface : La Réforme du Calendrier : Calendrier perpétuel, par P Delaporte, Ingénieur Civil (sans diplôme). Imprimé en 1913. P. Delaporte, industriel, était-il capable d'écrire ce livre? Le style est de Flammarion, ainsi que la mentalité libre penseuse et spirite. Il fut écrit afin de tromper les gens superficiels et malveillants, qui n'y voyant pas mentionné le projet de mon père, y trouvèrent un prétexte pour, en s'associant aux calomnies criminelles, me faire appeler voleuse un peu partout! En 1926, même aberration: les cinq [les membres du Comité d'étude de la Commission de l'Union astronomique] balayèrent tout le passé, ils ne parlent ni de mon père ni de moi, ils nous tuent moralement en nous ensevelissant dans l'oubli, et en s'allongeant dessus; et cela malgré le désir qu'avait eu le Pape, Léon XIII, que soit réformé le calendrier et le prix qu'il avait offert pour le meilleur projet !

Je leur avais envoyé des notes et indiqué les tomes de la Revue astronomique où ils auraient dû aller se documenter.

Comment, du reste, mon père habitant Cercy-la-Tour, dans la Nièvre, aurait-il pu dérober quoi que ce soit à Flammarion qu'il n'avait pas encore vu ? Et sans la droiture et la générosité d'étrangers notoires, mes compatriotes me laisseraient succomber sous les diffamations de dégénérés pour lesquels toutes les armes sont bonnes afin d'assommer une femme.

Dès que ce rapport eut été distribué dans l'élite des intellectuels on me fit savoir que le Pape ne voulait pas la réforme et que je ferais bien de renoncer à mon dépôt aux Archives nationales, dont on ne parlait pas parce que mon père l'avait dérobé, mais que si je l'abandonnais, présenté par un homme notoire, il serait adopté. Cet homme notoire était-il M. Bigourdan ? Est-ce pour cela qu'il me calomnia? Était-ce M. Briand? Peut-être, l'un et l'autre. Qui a pu croire que je tomberais dans un piège aussi grossier? La malice n'était pas cousue de fils blancs, mais de câbles à filins. Ceux qui ont échafaudé cette intrigue-là et ceux qui ont cru ce mensonge ne font pas mentir le proverbe latin : Asinus asinum fricat. »

Il faut remarquer que l'abbé Chauve-Bertrand, dans La Question de Pâques et du Calendrier (Paris, 1936), fait au projet Hanin, p. 143, un sort très honorable. Le projet Delaporte, 1913, est exposé dans le même ouvrage, p. 150-151. Il ne fait aucune allusion aux protestations de notre auteur.

Paul Couderc (Le Calendrier, coll. « Que sais-je? », n° 203, p. J07) écrit à son tour : « Camille Flammarion ... se ralliait à un système de calendrier perpétuel de douze mois, à trimestres identiques, qui fut prôné dès 1887 par Armelin et Manin (sic ?). Ce projet, repris actuellement sous le nom de calendrier universel paraît assez près de l'emporter sous une forme à peine modifiée. »

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Dans les Lettres nouvelles, Jean Selz publie, sous le titre Herminie Hanin, martyre du calendrier perpétuel, le récit des deux entrevues qu'il eut avec elle. On y trouve l'explication par elle-même de quelques-uns de ses tableaux, dans chacun desquels figure comme en majesté le fameux calendrier. Herminie rappelle encore le « piège à avions» qu'elle a inventé en 1917 et qui « aurait épargné bien des vies humaines si Clemenceau l'avait adopté ». Elle en profite pour évoquer de nouveau les intrigues contre son père de Charles Maurras, de Camille Flammarion, de l'abbé Soulange-Bodin et de Bigourdan, « à quoi se mêlent des habituées des thés espérantistes du Lyceum, les insultes des chaisières d'une certaine paroisse, les persécutions des requins affamés de la Libre Pensée et l'animosité du Parti Socialiste qui voulait empêcher Briand de s'occuper ».

André BLAVIER. Les Fous littéraires.

Édition nouvelle, revue, corrigée et considérablement augmentée.

Paris. Éditions des CENDRES. 2001